Rapport sur la mission Kwa Sizabantu
(Afrique du Sud)

d'un groupe de dirigeants chrétiens à la communauté chrétienne

Nous, en tant que représentants et membres d'églises chrétiennes (évangéliques et œcuméniques), se sont réunis le 24 mars, 23 avril et le 23 juin 2000 à Pietermaritzbourg, pour informer et discuter les événements autour de Kwa Sizabantu (KSB). Nous nous sommes également réunis sur la demande de dirigeants chrétiens de l'Afrique du Sud et de l'étranger, qui nous ont  fait part de leur préoccupation profonde concernant les idéologies et pratiques exercées chez KSB. Nous avons reçu sans cesse des rapports touchants et choquants sur des abus religieux, physiques et psychiques qui se produisent chez KSB.

Nous reconnaissons qu'il y a des personnes qui ont été réconfortées par la parole de Dieu lors d'une visite chez KSB, et nous avouons que beaucoup de chrétiens s'engagent à servir Dieu avec dévouement. Cependant, nous avons connaissance d'une vingtaine de témoignages, de compte-rendus de première main de personnes de chaque ancienneté, de multiples cultures, représentants des membres de famille, anciens collaborateurs et dirigeants de KSB. Ces rapports qui ont été choisis faute de temps d'un grand nombre de témoins démontrent une telle concordance, que notre conscience ne nous permettait pas de les ignorer et nous avons éprouvé la nécessité de réagir.  Avant tout, nous avons voulu obtenir une réponse de KSB sur ces accusations. Le cas où une telle réponse ne serait pas donnée par KSB, il s'avérerait nécessaire d'informer la totalité des communautés chrétiennes moyennant une déclaration.

Pour résoudre de tels problèmes, le comité s'appuie sur le commandement biblique de Matth. 18, 15-17, et s'efforce de suivre les instructions de Jésus concernant la rémission, la réconciliation et la correction dues à des fautes commises.  En tant que « église » nous comprenons selon Matth. 18  et en tenant compte de la situation actuelle, l'église sur le plan local, régional, national ainsi que sur le plan global. Cela étant, nous nous sommes réunis comme chrétiens de plusieurs églises et paroisses visant à chercher une solution sur le plan spirituel, et en même temps, d'informer les autres membres du corps de Christ concernés par ces événements. 

Le but de notre comité était d'aborder l'affaire avec la grâce de Dieu et en observant une attitude humble-autocritique, tout en ayant conscience des trois questions-clé bibliques posées à KSB et à nous tous:

1. "Où es-tu?" (Genèse 3,9) -  Chacun de nous doit prendre au sérieux la question comment paraître devant Dieu.

2. "Où es ton frère?" (Genèse 4,9)  -  KSB et chacun de nous qui exerce une fonction chrétienne doit se poser la question: quel est notre relation avec nos frères et sœurs avec lesquels nous devrions avoir un esprit communautaire ? 

3. "Suis-je le gardien de mon frère?" (Genèse 4,8)  -  La réponse à cette question est OUI.  Pour notre comité ça signifie une grande préoccupation fraternelle pour Kwa Sizabantu, mais aussi pour ceux qui ont – selon leurs propres déclarations - subi des douleurs. KSB doit assumer la responsabilité pour ceux qui déclarent avoir été outragés par KSB.

I. Evénements, qui ont aboutis à l'intervention du groupe de dirigeants chrétiens

De nouveaux rapports sur des maltraitances etc. sont arrivés à travers de diverses sources aux oreilles de chrétiens responsables.  Des anciens membres de KSB se sont adressés à des dirigeants d'églises et ont fait part de leurs expériences vécues avec une telle urgence, qu'une réaction à cette situation s'est avérée nécessaire. En même temps, les médias profanes ont publié pendant plusieurs jours des articles sur des abus prétendus chez KSB. La direction de KSB a qualifié ces constats tragiques comme étant une apparition malfaisante, que KSB aurait sans problème préférée d'éviter.

Les rapports et preuves de douleurs et d'abus ont amené quelques dirigeants chrétiens à contacter le responsable de KSB, Monsieur Erlo Stegen, afin de rendre possible un entretien entre KSB et les personnes concernées (selon Matth.5,23) et d'obtenir une réconciliation. Nous voulions  également encourager KSB à effectuer – où nécessaire - des réformes. Pourtant, KSB a refusé de tels entretiens. Par la suite, une entrevue a été organisée par des dirigeants d'églises, où des anciens membres de la mission avaient témoigné. KSB a été informée de cette rencontre.  

Les compte-rendus étaient si graves, que le comité a jugé indispensable de discuter de cette affaire avec des membres de la direction de KSB, afin de connaître leur point de vue. 

La direction de KSB a cependant refusé de recevoir ce comité de dirigeants chrétiens et supposait que le comité soit infiltré «de dissidents et ennemis de la mission KSB». Par contre, chacun a reçu une invitation de KSB, permettant de connaître personnellement le travail comme il se présente chez KSB.

Le comité a répondu a KSB en réaffirmant l'importance d'une telle rencontre d'un groupe de dirigeants chrétiens avec les responsables de KSB et a renouvelé la demande d'un affrontement pour discuter cette affaire. Une fois de plus, KSB avait refusé. Justification: la direction est actuellement en déplacement en outre-mer.

Par conséquent, le comité avait proposé deux dates pour un rendez-vous. Mais encore, la direction KSB avait refusé. Cette fois-ci, il a été prétendu que les dirigeants chrétiens faisait partie de personnes malintentionnées. KSB prétendait que les témoins avaient publié des informations sur KSB dans des médias profanes et sur internet. KSB n'a pas voulu accepter la fonction de Matth.18, bien que le comité ait souligné que cette parole de la Bible a été retenue comme leitmotiv pour ce processus.

KSB avait donc définitivement refusé de nous accueillir en tant que comité d'églises chrétiennes, pour discuter cette affaire. Mais ils ont de nouveau invité chaque membre du comité pour visiter les lieux de la mission de manière individuelle. Cependant, chaque discussion touchant l'affaire et les problèmes y relatifs a été exclue dès le départ. Dans une lettre du 13 juin 2000 il est dit:  "Nous invitons de nouveau vous et vos collègues à visiter la mission (mais sans aborder les problèmes susmentionnés)". Le comité regrette que, suite aux réponses négatives, 'il n'a pas été possible d'agir selon le principe "audi alteram partem" (écouter l'autre partie). Pour cette raison, une prise de position de KSB manque dans ce document. Nous l'aurions bien voulu prendre en considération.

II. Ce que le comité a appris des efforts échoués visant à entamer un dialogue avec KSB

1. Le refus de KSB d'accepter un entretien remet sérieusement en question le concept du mouvement évangélique et de la communauté de Jésus Christ, ceci en tenant compte qu'il serait,  pour des raisons de confiance, très important d'avoir un esprit ouvert avec d'autres églises.

2. Dans la réponses écrite de KSB il a avant tout été question de défenses et des présomptions de complot – selon la direction de KSB - «d'ennemis de KSB». KSB était persuadé qu'il y aurait manipulation de la part du comité et ont donc refusé le rendez-vous. Justification: les connaissances  du comité provenaient de personnes qui auraient injustement publié des informations dans les médias. Le comité avait cependant expliqué de manière claire qu'il s'agissait d'une seule personne qui avait donné de telles informations aux médias (cette personne ne jouait aucun rôle significatif, ni lors du choix ni lors du procédé déterminé par le comité). Le refus d'accepter un rendez-vous de KSB avec des dirigeants chrétiens et le fait de mentionner de façon précitée «ennemis de la mission» mettent en doute que KSB veut dissimuler quelque chose, ce qui nous a beaucoup préoccupé.

3. Le comité était surpris par le fait que KSB a rejeté les entretiens en indiquant  « il n'y a pas de clivages internes », puisque les événements des adhérents de KSB en Allemagne (confirmés par des magazines chrétiens en Europe) et le départ de dirigeants et d'adhérents des dernières semaines et mois (p. ex. la communauté à Tugela Ferry / Afrique du Sud) montrent clairement que cette affirmation ne correspond pas à la réalité.

4. Conclusion: Le refus de KSB de discuter les questions sensibles, le style des lettres de la direction de KSB, les raisons de renvoi d'entretiens ainsi que les preuves qui nous ont été soumises nous ont convaincu que KSB se trouve sur la défensive. Manifestement, la direction de KSB ne veut pas être confrontée à des sujets que nous citons sous IV. Ceci n'est cependant pas acceptable pour une communauté chrétienne. Nous sommes d'avis que le moment est bien choisi pour reconsidérer les rapports avec KSB.

 

III. les raisons pour lesquelles le comité avait décidé de communiquer les résultats de son enquête à la communauté chrétienne

1. Nous constatons que KSB est en relation avec des communautés évangéliques et d'autres chrétiens moyennant des activités communes avec d'autres églises et des activités comme: Chrétiens pour la vérité, Médecins pour la vie, Amour vrai attend, Radio Khwezi, la  chorale Eurochor de KSB, des conférences annuelles pour les collaborateurs, rencontres de jeunes et des services de culte fréquents avec d'autres églises.

2. Nous nous rendons également compte du fait que KSB avoue publiquement de participer aux mouvements évangéliques selon les indications sur leur page d'accueil, dans divers documents et selon les prises de position des dirigeants KSB à la radio.

3. Nous savons aussi que KSB invite souvent des dirigeants d'église bien connus comme conférencier. Celui qui accepte ces invitations sans aucune crainte, sera manipulé par la direction de KSB au sens d'approuver les activités de KSB.

4. Comme KSB est associée et collabore jusqu'à un certain point avec la communauté évangélique, nous attendons de KSB une responsabilité judicieuse et un esprit ouvert à la discussion. Cette responsabilité est importante dans la mesure où KSB incite formellement au retour: l'église chrétienne, le gouvernement et la société. Il est donc important pour la chrétienté et en particulier pour la communauté évangélique de connaître ce qui se passe chez KSB, surtout lorsque des rapports révèlent l'existence de maltraitances sérieuses. De tels rapports peuvent entraver la crédibilité des dirigeants chrétiens et leurs organisations, puisque KSB s'identifie formellement avec le mouvement évangélique. En même temps, les dirigeants chrétiens qui soutiennent KSB doivent se demander, jusqu'à quel point ils mettent en danger la sécurité physique, émotionnelle ou religieuse de ceux qui sont sous garde de KSB.

5. En tenant compte de la justice biblique, de l'assistance spirituelle et de la responsabilité sociale, les compte-rendus sur les abus ne peuvent rester inaperçus. Il est important que l'église universelle de Jésus Christ puisse apprendre la vérité sur les raisons du conflit et la crise actuelle de KSB. Il est nécessaire de s'occuper des personnes touchées et de les réhabiliter, de révéler les abus et d'éviter qu'ils se reproduisent ou qu'ils aboutissent à des catastrophes de grande ampleur. Nous avons été inspirés par la parole de Dieu et le Saint Esprit à défendre ceux que Dieu nous a confié. De ce fait, nous étions en tant que dirigeants chrétiens d'avis qu'il ne serait ni sage ni correct de décrire uniquement l'aspect positif de la mission KSB et en même temps, d'ignorer le grand nombre de preuves de dérives et d'erreurs graves. C'est non seulement important pour nous, mais aussi pour KSB et pour toute la communauté chrétienne d'appliquer le principe biblique selon Matth. 18,15-17 pour résoudre les problèmes et conflits des églises et de la chrétienté. 

6. Compte tenu des tendances que nous observons chez KSB sur les témoignages de croyance et les pratiques, nous sommes dans l'obligation d'adresser une déclaration pour alerter la chrétienté. Ce qui a commencé comme véritable réveil, peut avec le temps, dégénérer et aboutir à une véritable falsification d'une œuvre de Dieu. La communauté chrétienne devrait être consciente des dangers qui peuvent émaner de:

i. manque de responsabilité

ii. manque d'ouverture d'esprit envers le Corps de Christ

iii. manque de disponibilité à reconnaître les problèmes et de les traiter

iv. manque de bonne volonté d'accepter la nécessité de la réconciliation (Matth.5,23).

v. clergé élitiste et manque de disponibilité de servir les autres en tant que dirigeant

vi. sympathiser visiblement ou effectivement avec des systèmes qui oppriment.

 

IV. Preuves pour abus manifestes et mauvais comportement de la part des dirigeants KSB

1. Enseignement non biblique

Bien que le comité sait que Monsieur Stegen a déclaré en publique que « KSB ne propage pas un nouvel enseignement et ne croit pas de détenir seul la vérité », beaucoup de témoignages suggèrent des doutes sur des contradictions considérables entre ce que KSB prétend publiquement et entre ce qui se pratique en secret. Le comité a appris des témoignages selon lesquels Madame Hilda Dube avait reçu dans le passé des messages de "Dieu" en état de transe qu'elle a transmis à Monsieur Stegen qui a, selon les rapports, présenté les résultats à l'assemblée en soulignant l'importance de tels messages. Si c'est vrai, le comité juge le fait inapproprié, subjectif et problématique du point de vue biblique.

Les témoignages démontrent l'importance de KSB comme centre de réveil en accentuant excessivement les expériences de "réveil", en se basant sur des événements qui remontent à l'année 1966. De ce fait, la direction de KSB a souvent, et de façon marquée, remplacé l'autorité de l'Ecriture et contourné les restrictions du nouveau Testament concernant l'autorité de conseils spirituels. KSB agit trop souvent comme groupe exclusif, utilisant des révélations „spéciales", ce qui leur permet d'exercer de l'autorité. Ceci aboutissait à un abus de confiance et à un climat d'angoisse, permettant de pratiquer un contrôle sur les personnes et de les influencer.

Un exemple bien connu se produisait toujours lorsque des personnes accusaient KSB de manière inquiète ou critique sur un comportement déterminé, péché, abus ou même sur des activités criminelles commises par la direction de KSB. Les personnes qui ont reconnu et abordé ces problèmes, ont été condamnées et culpabilisées puisque "elles constituaient le problème".

Selon les témoignages, la maxime suivante a été retenue par le noyau des fidèles de KSB: celui qui  remet la direction de KSB en question, remet Dieu même en question et Le traite sans respect. Cela conduit à ce que la direction de KSB puisse trop souvent agir sans assumer la responsabilité ou remettre une affaire en question.

 

2. Rôle non biblique de l'angoisse

En se basant sur de témoignages, le comité a pu tirer la conclusion que Monsieur Erlo Stegen opère dans une structure, où il jouit d'une admiration et soumission extrême de la part des adhérents, sans se justifier sur le plan spirituel. Il semble que cela a ouvert la porte pour l'abus de pouvoir.

Pendant que beaucoup se sont confiés à Monsieur Stegen volontairement, divers témoignage suggèrent que Monsieur Stegen et d'autres dirigeants de KSB ont souvent exercé leur autorité par une manipulation et ont obtenu le contrôle des personnes en les intimidant. Nous avons prêté l'oreille à des témoignages et rapports de beaucoup de personnes qui étaient membres de KSB pendant 30 ans, et nous étions touchés par la persistance avec laquelle l'angoisse jouait en rôle dans les compte-rendus. C'était l'impression du comité que cette peur tragique était encore existante auprès beaucoup de personnes qui ont apporté la preuve. 

De façon répétée nous entendions les déclarations comme: "Nous sommes entièrement sous contrôle d'Erlo", "Quand Erlo était heureux, tout allait bien", "Quand Erlo n'était pas heureux, nous l'étions non plus. Il était notre Dieu". Le comité a pris connaissance de plusieurs témoignages selon lesquels Dieu se présentait comme un Dieu qui est éternellement fâché, un "Dieu qui est  toujours fâché". Ceci confirme la conclusion du comité que l'angoisse chez KSB représente un fait important. Bien des gens qui ont quitté KSB et trouvé un nouveau refuge spirituel, ont raconté que l'enseignement de l'amour de Dieu était pour eux une nouvelle révélation. Pendant qu'ils étaient chez KSB, Dieu n'était pour eux pas le bon Dieu, ce qui est un manque grave d'enseignement comme on le pratique chez KSB. Présenter le Seigneur d'une telle façon constitue un manque grave de l'enseignement KSB.  Selon leur point de vue, Dieu n'est qu'un Dieu furieux, ayant pour but de punir les pécheurs.

 

3. Brutalité physique

Le comité a appris – ce qui semble être un acte courant – de punitions corporelles rudes et brutales pendant une longue durée de temps (dont une personne a été soit-disant battue à mort), à partir de  l'époque nommée "rencontre de Kranskop" en 1975 jusqu'à présent. Il y a des rapports de témoins selon lesquels des enfants et des adolescents ont subi des châtiments injustifiés, des lésions graves et des chocs psychiques. Selon des informations obtenues, des petits enfants ont été enfermés brutalement dans des armoires pour des fautes insignifiantes et injustifiées. Ces expériences traumatisantes ont un effet durable chez beaucoup de témoins. Il y a aussi eu des rapports de témoins récents mentionnant que des élèves avaient été battus brutalement et excessivement pendant les années 80 et au début des années 90. De plus, il existent même des témoignages selon lesquels des adultes ont été battus pendant les dernières années. Beaucoup  de ces coups ont été exécutés en présence d'autres personnes, ce qui les a traumatisés et intimidés. Le comité s'est rendu compte que plusieurs personnes concernées sont encore traumatisées jusqu'à ce jour. Du point de vue du comité, les dirigeants de KSB sont impérativement tenus à régulariser cette affaire.

 

4. Abus psychologique

Les témoignages montrent clairement que la direction de KSB tente d'influencer les gens au travers d'une pression psychologique. Le comité a connaissance d'incidents selon lesquels Monsieur Erlo Stegen avait transmis des malédictions terrifiantes ou des menaces de malédictions à ceux qui avaient commis des erreurs ou qui avaient douté de son autorité, ou à ceux – y compris les membres de famille - qui ont quitté ou pourraient quitter KSB. Il y avait des déclarations comme: "Que ma malédiction de Dieu pèse maintenant sur lui". Quelques-uns rapportaient qu'ils ont été boycottés ou blâmés sans recevoir des explications. D'autres ont reçu l'ordre de s'éloigner de la mission en leur reprochant en même temps de s'abstenir de la communauté.

Quelques événements graves ont profondément choqué le comité: les abus décrits ci-dessus ont mené en deux ou trois cas qu'un membre s'est suicidé.

 

5. Abus de confiance

Selon des informations obtenues, des renseignements requis lors des confessions personnelles et secrètes de péchés ont été transmis aux collaborateurs ayant pour objet d'exercer le pouvoir sur ces adeptes. Quelques de ces confessions ont été communiquées à la communauté pour des raisons stratégiques. D'autres ont parlé d'une tactique de chicanerie et de humiliation pratiquée par des dirigeants de KSB. D'autres adhérents ont été encouragés à dénoncer des membres, permettant ainsi de prouver la fidélité à l'égard de la direction. Plusieurs témoins ont ressenti cette pratique comme destructive, comme trahison et abus total de confiance.

 

6. Scissions de familles et de couples

Le comité a appris à plusieurs reprises, comment la direction de KSB essaye de diviser des familles et de séparer des membres de familles. Le comité s'est rendu compte des conséquences dévastatrices pour des familles lorsque des membres doivent quitter KSB subitement et sans connaître les motifs. De tels compte-rendus existaient même pendant les premières années de service d'Erlo Stegen. Des isolement apparemment interminables, même entre chrétiens honnêtes et de bonne fois ont eu lieu par cette méthode de refus et de rejet.

Dans quelques cas extrêmes, des maris ont été encouragés de se séparer de leur femme, puisqu'elles ne voulaient pas se soumettre à la direction. D'autres informaient comment des épouses ont été encouragées à se séparer de leurs époux. Un cas tragique a été évoqué selon la direction de KSB aurait soutenu la décision d'une femme de se séparer de son époux afin de rester sur la station missionnaire. Finalement, elle a divorcé de son mari sous prétexte qu'il avait quitté "le chemin" de KSB – bien qu'il soit un chrétien avec passion et qu'il ait prié Dieu sérieusement pour éviter un divorce. Le comité a connaissance d'un autre couple se trouvant actuellement dans des circonstances similaires.

On nous a également informé sur la pratique des blâmes à l'école de la mission. Des enfants ont été renvoyés de l'école même pour des délits comme entretenir des correspondances entre garçons et filles. Par conséquent, ils ont aussi été expulsés par leur famille. Dans quelques cas, des enfants ont été bannis et abandonnés de leur famille et donc exposés au danger. Selon des informations, des membres ont été menacés d'être exclus lorsqu'ils entretiennent des contacts avec d'anciens membres et dirigeants.

Le comité a appris, que les dirigeants KSB ont même interdit dans certains cas de participer à des mariages d'anciens membres, ceci en menaçant  "l'expulsion". Un tel cas s'est produit pendant que ce rapport a été établi (24 mars 2000).

 

7. Contrevérités et tromperie prétendues

Un nombre d'anciens membres et de membres qui ont quitté KSB au cours des derniers mois, attestent une pratique exercée par la direction de KSB  justifiant les mensonges et la tromperie comme une forme de „sagesse". Un ancien collaborateur cite Erlo Stegen:"un mensonge exprimé en Christ pour protéger son œuvre, n'est pas un mensonge." Plusieurs commentaires relatifs à ces pratiques de KSB démontrent que des mensonges et des rumeurs ont été diffusés sur ceux qui ont quitté la mission, même pendant ces derniers mois.

 

8. Protection manifeste de collaborateurs par la direction – y compris protection de malfaiteurs prétendus

Le comité a reçu des compte-rendus sur un usage contradictoire de la discipline chez KSB. Il y avait des rapports graves concernant des membres qui ont été sévèrement punis ou expulsés à cause d'infractions insignifiantes aux règles et aux coutumes de KSB, pendant que quelques dirigeants de KSB ont été protégés et couverts, bien que ces derniers aient incontestablement commis des péchés graves – voire dans certains cas des actes criminels, même au détriment de membres KSB qui se trouvaient moralement en danger. Deux témoignages concordants ont révélé une autre affaire sombre: on a reproché à la direction KSB d'avoir toléré de manière irresponsable qu'un dirigeant pouvait exercer une position clé pendant presque cinq ans, bien que la direction ait eu connaissance qu'il avait des relations sexuelles avec des filles qui pratiquaient des activités pastorales avec ce dernier.

 

9. Exclusivité – Pratiques KSB considérées comme „le chemin"

Il a le plus souvent été attesté que les adhérents qui ont quitté KSB auraient abandonné "le chemin". Abandonner "le réveil" signifie pour KSB de quitter le podium de la plus grande bénédiction de Dieu. Abandonner KSB ou ne pas concorder avec l'organisation, a pour KSB le  même effet comme si on se détourne du réveil. Selon des informations reçues, la direction de KSB aurait permis à des hommes d'épouser des femmes pour autant qu'elles quittent leur dénomination et se rattachent à KSB. Dans un ou deux cas, il n'a pas été permis aux femmes d'épouser des maris en dehors de KSB si elles se seraient ensuite rattachés à une autre église. Quelques-unes l'ont essayé mais ont été obligées par la direction de KSB de renoncer à un tel mariage. Toutes ces manières d'agir font preuves d'une exclusivité inappropriée de la part de KSB visant à marginaliser et stigmatiser à tort des individus.

 

V. Conclusions du comité de dirigeants d'églises

1. Les preuves qui nous ont été soumises les derniers mois, nous ont convaincus que ce que KSB prétend faire ne correspond, au moins du point de vue d'une communauté chrétienne, pas à la réalité. Des témoignages détaillés démontrent que Kwa Sizabantu constitue un système "interne" douteux; un système qui se groupe de façon nuisible autour des chefs et de leur croyance.

2. Le comité est venu à cette conclusion avec grande prudence et en se basant sur beaucoup de compte-rendus sur la pratique anti-biblique et des pratiques nuisibles qui ont profondément touché beaucoup d'anciens membres KSB. Le comité a été alerté à plusieurs reprises et est profondément soucieux d'apprendre sans cesse de cultes de la personnalité exagérés, de comportements autoritaires et de maltraitances, de manipulations psychologiques, abus de confiance et scissions graves de familles et de liaisons.

3. Le comité n'avait pas l'impression de pouvoir rester inactif en gardant la conscience tranquille et en ignorant la situation comme elle se présente chez KSB.

4. Les preuves accablantes nous ont convaincus, que Kwa Sizabantu est en danger de se comporter comme une secte, en suivant un chemin exclusif, en exerçant le contrôle sur les adhérents moyennant l'abus d'autorité, et en les influençant avec l'obligation de confesser et d'autres pratiques problématiques. Par conséquent, ceux-ci se soumettent à la direction de KSB sans rien remettre en question.

5. Nous savons que KSB compte beaucoup de chrétiens convaincus et dévoués; ceux-ci devraient plutôt recevoir notre compassion au lieu de notre jugement. Mais d'après les instructions reçues de Jésus Christ  selon Matthieu 18,  nous concluons: puisque la direction de KSB "refuse d'écouter l'Eglise" (Matth.18,17) et puisque quelques de leurs dirigeants ont eu connaissance de ces témoignages, elle a violé de manière grave les principes bibliques et nécessite une correction.

6. Cependant, ce jugement n'est vu la grâce de Dieu, pas définitif. Nous appelons les dirigeants de KSB à examiner ces accusations détaillées et, où nécessaire, faire pénitence et de corriger les affaires. Il en résultera non seulement le pardon de Dieu, mais aussi une nouvelle confiance entre les chrétiens.

7. Si la direction de KSB est prête à se confronter aux problèmes et si elle avoue sans réserve qu'elle avait fait du tort à des personnes, elle contribuera à la réconciliation auprès de sa propre communauté, d'autres communautés chrétiennes, y compris auprès de ceux qui ont quitté la mission (voir encore une fois Matth.5,23).

8. Nous adressons notre profonde compassion et notre préoccupation pastorale à ceux qui ont subi un dommage corporel, psychique et religieux. Nous ne pensons pas uniquement à ceux qui ont quitté KSB, mais aussi à ceux qui font encore toujours partie de la mission.  Nous prions en particulier pour les adhérents de KSB qui ont perdu leur faculté de jugement due à une loyauté erronée. Il semble que plusieurs membres se sont pliés devant l'autorité des dirigeants à cause d'une confiance déplacée et exagérée. De ce fait, une distinction et un attachement à la parole de Dieu en appliquant le bon sens n'est plus possible. Ceci aurait incité les dirigeants de KSB à des illusions et à des abus.

9. Nous demandons à tous ceux qui ne partageraient pas les faits préoccupants mentionnés dans cette lettre, de les les prendre tout de même au sérieux. Nous avons fait de notre mieux pour vérifier tout ce que nous avons appris, et nous n'avons actuellement aucune raison d'avoir des doutes. De plus, il ne peut pas être question de condamner ceux qui ont quitté KSB puisqu'ils n'ont plus pu vivre dans un entourage pratiquant des dérives préoccupantes. Ces témoignages doivent être pris au sérieux au lieu de les écarter irréfléchis.

10. En outre, nous demandons les responsables de toutes les églises et communautés chrétiennes non seulement de prier pour ceux qui ont abandonné  KSB et ayant besoin de l'aide pastorale, mais aussi pour KSB même, afin que cette mission puisse sortir de son état actuel et retrouver un nouvel emplacement reconnu au corps de Christ. Le comité a appris à travers de plusieurs témoignages, que des institutions compétentes enquêtent sur plusieurs affaires pour lesquelles nous n'avons pas pris position de manière détaillée.

 

 

 Signé à Pietermariztbourg le 23 juin 2000  de

Réverend  Moss Nthla

Secrétaire général de l'Alliance Évangélique sud-africaine

E-mail: TEASA@mailandnews.com

Au nom des membres du comité:

x Dr Michael Cassidy – Dirigeant international: African Enterprise

x Prof Calvin Cook  - Prof émérite pour histoire de l'Eglise à l'université de Rhodes et pasteur de Uniting Reformed Church

x Pasteur Martin Frische - Directeur: Trans World Radio – Afrique du Sud

x Evêque Phillip Le Feuvre – Evêque émérite de l'Eglise anglicane de l'Afrique du Sud

x Monsieur Mike Odell  - Directeur national: African Enterprise

x Pasteur Daniel Ngubane

x Pasteur Moshe Rajuili – Ancien dirigeant du Séminaire théologique Evangelical Seminary of South Africa, pasteur de Emfuleni Missions Church

x Monsieur John Schroeder  - Homme d'affaires et administrateur de  ACAT

x Pasteur Sipho Sokhela  - Dirigeant de Kwa Zulu Natal Christenrates et représentant de   KZN Christian Leaders Group

x Pasteur Georg Scriba  - Représentant de l'Eglise évangélique luthérienne Afrique du Sud

x Monsieur Abiel Thipanyane  - African Enterprise

x Pasteur Hugh Wetmore  - Représentant de l'Union baptiste Afrique du Sud

x Pasteur Noel Wright – Secrétaire général et représentant de Church of England in South Africa  (CESA)

x Pasteur Albert Xaba